Revendre son surplus solaire ou le stocker en batterie : comment arbitrer en 2026

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Revendre son surplus solaire ou le stocker en batterie : comment arbitrer en 2026

Depuis la réforme du 5 juin 2026, le tarif de rachat EDF OA s’est effondré à 1,1 c€/kWh. Un changement de fond qui rebat les cartes entre revendre son surplus solaire et investir dans une batterie de stockage.

Le nouveau contexte : la revente a perdu presque toute sa valeur

Jusqu’au printemps 2026, l’arbitrage entre revente et stockage se posait presque comme un choix d’équilibre : le tarif de rachat EDF OA tournait autour de 4 c€/kWh, complété par une prime à l’autoconsommation qui rendait la revente du surplus non négligeable. L’arrêté du 1er juin 2026, entré en vigueur le 5 juin, a changé la donne en profondeur : pour toute nouvelle installation, le tarif de rachat est tombé à 1,1 c€/kWh, et la prime à l’autoconsommation a été purement et simplement supprimée.

Seules les installations dont la demande complète de raccordement (DCR) avait été validée par Enedis avant le 5 juin 2026 conservent les anciennes conditions pendant toute la durée du contrat de 20 ans (environ 4 c€/kWh, avec la prime associée selon la puissance). Pour tous les projets lancés après cette date, la question n’est plus vraiment « combien vais-je gagner en revendant » mais « ai-je encore intérêt à revendre du tout ».

Le calcul de base : un kWh autoconsommé vaut environ 18 fois un kWh revendu

La comparaison est simple à poser. Au tarif bleu EDF en option Base, le kWh acheté au réseau coûte environ 0,20 €. Le même kWh, s’il est injecté sur le réseau plutôt que consommé chez soi, ne rapporte que 1,1 centime. Le rapport est donc d’environ 18 pour 1 : chaque kWh que l’on parvient à consommer soi-même, plutôt qu’à revendre, « vaut » près de dix-huit fois plus.

Concrètement, une installation solaire non pilotée, sans stockage, autoconsomme rarement plus de 30 à 40 % de sa production : la maison n’a pas besoin d’autant d’électricité en milieu de journée, au moment où les panneaux produisent le plus. Le reste part sur le réseau, à un tarif qui, depuis juin 2026, ne couvre quasiment plus rien.

  • Sans batterie : 30 à 40 % d’autoconsommation typique, le surplus revendu à 1,1 c€/kWh.
  • Avec batterie bien dimensionnée : 70 à 80 % d’autoconsommation, le surplus résiduel étant seul concerné par la revente.

Ce que change une batterie de stockage

Une batterie domestique ne produit pas plus d’électricité : elle permet de consommer plus tard ce qui a été produit en milieu de journée, typiquement le soir. C’est ce décalage qui fait grimper le taux d’autoconsommation de 30-40 % à 70-80 % selon le dimensionnement et les habitudes du foyer.

Côté prix, le marché 2026 se situe globalement entre 700 et 1 000 € par kWh de capacité installée, batterie et pose comprises. Un petit kit de 5 kWh, suffisant pour lisser la consommation du soir d’un foyer moyen, se trouve autour de 1 100 à 1 300 € selon les fabricants ; une installation complète avec pose, pour une maison standard, se situe plutôt entre 3 000 et 5 000 €. Les foyers plus gourmands (pompe à chaleur, véhicule électrique) visent des capacités plus élevées, au-delà de 10 kWh.

Sur la durée de vie, les batteries domestiques actuelles (très majoritairement en chimie lithium fer phosphate, plus stable thermiquement) sont annoncées pour 15 à 20 ans par les fabricants, largement au-delà du temps nécessaire pour amortir l’investissement.

Un cas chiffré simple

Prenons une famille de quatre personnes, équipée d’une installation solaire classique et d’une batterie de 5 à 6 kWh. Avec cette capacité, le foyer peut espérer gagner environ 500 € d’économies par an par rapport à une situation sans stockage, essentiellement parce que l’électricité produite en journée est désormais consommée le soir au lieu d’être revendue à 1,1 c€/kWh.

Pour un investissement batterie de l’ordre de 3 000 à 5 000 €, le seuil de rentabilité se situe autour de 10 ans — c’est-à-dire bien avant la fin de vie annoncée de la batterie (15 à 20 ans), et sans compter qu’une hausse future du prix de l’électricité réseau ne ferait qu’améliorer ce calcul, puisque chaque kWh autoconsommé continuerait d’éviter un achat de plus en plus cher.

Ce calcul reste indicatif : il dépend fortement du profil de consommation du foyer (présence en journée, équipements électriques, saisonnalité), de la puissance de l’installation solaire et du prix effectivement payé pour la batterie. Un installateur RGE peut affiner ces chiffres à partir de la consommation réelle du logement.

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Dans quels cas la revente reste pertinente

La revente du surplus n’a pas totalement disparu du paysage. Elle reste la solution par défaut pour les foyers qui ne peuvent ou ne veulent pas investir dans une batterie tout de suite : à 1,1 c€/kWh, ce n’est plus une source de revenu significative, mais cela évite de « perdre » purement et simplement l’électricité produite en excédent, en particulier sur une installation de petite puissance où le surcoût d’une batterie serait disproportionné.

Elle reste également la seule option pour les propriétaires dont le contrat EDF OA a été validé avant le 5 juin 2026 : ceux-là conservent le tarif de rachat historique, nettement plus intéressant, pendant toute la durée du contrat de 20 ans, et n’ont donc aucun intérêt financier immédiat à investir dans une batterie pour arbitrer en faveur du stockage.

Enfin, la revente et le stockage ne sont pas mutuellement exclusifs : une installation avec batterie continue de revendre son surplus résiduel, une fois la batterie chargée et les besoins du foyer couverts. L’arbitrage ne porte donc pas sur un choix binaire, mais sur le dimensionnement optimal de la batterie compte tenu du budget disponible et du profil de consommation du logement.

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